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Paris sera (bientôt) une fête : comment la mairie prépare déjà les open air de l'été

 

Cela fait maintenant un an que nous avons renoncé aux soirées en club, et de nouvelles restrictions sanitaires viennent d'être annoncées par le gouvernement. Pour espérer retrouver l'insouciance du « monde d'avant », une seule solution : prendre son mal en patience... Et se projeter dans l'été prochain. La ville de Paris commence déjà à travailler avec les clubs, les collectifs et les artistes franciliens pour tenter de mettre sur pied des événements festifs en plein air. Interview avec Frédéric Hocquard, adjoint au tourisme et à la vie nocturne.

 

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Border City, été 2020 © Clément Beny

 

Par Trax Magazine
En partenariat avec la Electronic Music Factory

 

Au mois de février, la ville de Paris a publié une carte interactive répertoriant une soixantaine de lieux en Île de France, où il serait envisageable d'organiser des événements festifs cet été. Des projets ont-ils été avancés ?

Frédéric Hocquard : Pour l'heure, une trentaine de projets sont remontés. Ce sont aussi bien des soirées ponctuelles que des festivals, des guinguettes... Et même des espaces de disco roller. Bref, les possibilités sont vastes. Nombre d'entre elles devraient prendre place dans de grands espaces, par exemple dans des parcs, au Polygone du bois de Vincennes, en-dessous des gradins du stade Charléty... Une fois que les organisateurs potentiels nous ont contactés, on les accompagne en étudiant la faisabilité de leur événement et en les dirigeant vers les services de la ville. Nous sommes bien sûr toujours ouverts à de nouvelles propositions. À l'été 2020, on a aussi vu naître le club éphémère Border City, qui a mené une expérience unique en faisant danser des milliers de personnes en plein air à Aubervilliers. En 2021, on aimerait qu'il y ait dix Border City !

 

La situation sanitaire ne cesse d'empirer. Êtes-vous certain que l'on puisse à nouveau danser à Paris cet été ?

Frédéric Hocquard : Dix millions de personnes devraient être vaccinées d'ici la fin du mois d'avril. Je pars donc du principe que les conditions sanitaires seront à peu près similaires à celles de l'été dernier, et que de nombreuses choses seront possibles si on fait preuve d'inventivité. Les lieux de nuit seront sûrement fermés, mais les clubs pourront organiser des événements hors les murs : c'est ce sur quoi travaillent déjà le Rex, le Badaboum, Sacré, le Silencio... L'année dernière, on était moins préparés et les choses se sont faites de façon parfois anarchique, avec des raves improvisées au Bois de Vincennes. Cette fois-ci, l'enjeu est d'encadrer et de mieux accompagner les projets festifs. Les professionnels de la nuit ont affaire à la réduction des risques depuis très longtemps, et on leur fait confiance pour savoir gérer les problématiques sanitaires d'aujourd'hui.

 

Commencer dès maintenant à penser aux événements de l'été prochain, c'est aussi une façon de recréer de l'espoir dans cette période de couvre-feu qui n'en finit pas ?

Frédéric Hocquard : Bien sûr, on a tous besoin que les interactions sociales aillent au-delà du métro-boulot-dodo. Quand on voit la détresse psychologique qui atteint de plus en plus de jeunes, il y a urgence à leur redonner un peu d'espoir. Cela revient aussi à se demander quel modèle de société on veut renvoyer. Est-ce qu'on va laisser la culture et le divertissement disparaître totalement ? Recréer des lieux nocturnes à Paris, c'est aussi renforcer l'attractivité de la ville, et pourquoi pas amener à nous des touristes de toute la France et des pays limitrophes. On tient à rappeler que Paris est une fête.

 

C. Laborie

 

19/03/2021