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Le chantier des Francos, 22 ans au service de la scène émergente

 

Depuis 1998, le Chantier des Francofolies de la Rochelle repère les meilleurs espoirs de la musique française pour les aider à améliorer leurs performances scéniques. Dans cette période dévastatrice pour les artistes, le programme tient ses engagements. Il vient de dévoiler sa sélection pour l'année 2021, et fait la part belle à la pop électronique. Parmi les 22 talents accompagnés cette année, on remarque la percussionniste Lucie Antunes, ancienne batteuse de Yuksek, mais aussi la pop futuriste ultra mélancolique d'UssaR et la chanson électronique et poétique de SiAu. Nous avons rencontré Emilie Yakich, directrice du Chantier des Francofolies.

 

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© Bydimworks

 

Par Trax Magazine
En partenariat avec la Electronic Music Factory

 

Comment les artistes du Chantier sont-ils sélectionnés ?

La sélection se fait entre juillet et décembre. Les artistes émergents qui veulent se lancer professionnellement se manifestent via un formulaire sur le site des Francofolies. Et nous, on choisit d'abord au coup de cœur avec une équipe de repéreurs. Dans la sélection finale, on veille à ce que les esthétiques mises en avant soient représentatives de la création française contemporaine.

 

Une fois arrivés sur le Chantier, comment les heureux élus sont-ils accompagnés ?

Il s'agit pour eux de perfectionner leur performance live pendant au moins six mois dans un lieu de travail commun à la Rochelle, avec un home studio, un espace de coaching vocal, des machines, des instruments et bien sûr de nombreux accompagnateurs professionnels. L'objectif est aussi de les préparer à leur carrière de musicien, d'aborder la question de la santé mentale, la gestion du sommeil et les bons réflexes à intégrer lors des premières tournées. À l'issue de ce travail, une place leur est réservée au sein de la programmation des Francofolies, au mois de juillet.

 

 

 

 

Comment ce travail commun est-il impacté par la crise sanitaire et par la fermeture des salles de spectacle ?

On peut très bien préparer les lives, mais le problème, c'est qu'on ne sait pas quand ils pourront avoir lieu. Notre parti pris, c'est de produire plus de contenu numérique tout au long des sessions de répétition, afin de présenter au maximum les artistes émergents au public des Francofolies. Tout au long de la crise sanitaire, nous sommes restés mobilisés auprès des artistes, on a continué à les suivre toute l'année, fait des sessions de coaching sur Zoom... Aujourd'hui, les nouveaux sélectionnés sont tous hyper motivés. Le but du Chantier, c'est aussi de montrer que la création continue, que la scène française est toujours là même si les concerts sont interdits.

 

Pourquoi est-ce particulièrement important de maintenir ce programme en pleine crise sanitaire ?

Le chantier des Francos est une main tendue à la nouvelle génération, à ceux qu'il est d'autant plus important d'écouter aujourd'hui. Les morceaux de la nouvelle promotion portent la voix de la jeunesse et apportent un éclairage magnifique sur la situation que nous vivons. On a besoin en ce moment de poésie et de recul, de cette catharsis qu'offre la musique.

 

C. Laborie

 

16 février 2021